L'association de défense des droits des automobilistes ressort opportunément un sondage qu'elle a effectué en octobre dernier auprès de ses membres* dans laquelle il était indiqué que "pour de très nombreux automobilistes, se procurer un éthylotest, d'ici au 1er novembre, relevait d'une mission impossible". Tout un chacun pouvait constater autour de lui qu'il était devenu impossible d'en acheter un, sauf à le payer très cher ou à se le procurer à l'étranger. Selon l'étude de 40 millions d'automobilistes, moins d'un automobiliste sur deux possède aujourd'hui un éthylotest, pourtant obligatoire depuis le 1er juillet dernier !

Transfert de charges

Autre constatation de ce sondage : seul un tiers des sondés ressent l'éthylotest comme un outil de prévention, les autres considérant cette obligation comme un outil de répression destiné à générer des recettes pour l'État et les fabricants. Il est vrai que les forces de l'ordre lors d'un contrôle peuvent verbaliser l'absence d'éthylotest dans votre voiture, mais ne peuvent pas exiger que vous souffliez dedans, car, pour verbaliser la conduite en état d'ivresse, ils ne peuvent que se référer à leurs propres mesures avec leurs éthylotests certifiés... mesures obligatoirement confirmées par une prise de sang, seule "juge de paix". Bref, en transférant le prix du fameux "ballon" à la charge des usagers, et non plus à la charge de l'administration, l'État fait des économies certaines.

Une meilleure prévention

Pour Pierre Chasseray, délégué général de l'association, "c'est un premier pas que nous saluons, mais il est indispensable d'aller plus loin, pour faire comprendre et accepter par les automobilistes le sens et la portée de cette obligation". Et Daniel Quéro, son président, d'insister sur le fait que "les résultats de l'enquête démontrent que la politique de répression n'est plus acceptée par les automobilistes. Ils réclament désormais plus de formation et une meilleure prévention". On ne peut qu'agréer, car il ressort aussi de cette enquête auprès des membres de l'association - souvent à la pointe de la défense tous azimuts des droits les moins acceptés par les non-possesseurs d'automobiles - que "la lutte contre l'alcool au volant n'est pas un axe essentiel en matière de sécurité routière (sic)".

* Étude réalisée du 27 septembre au vendredi 5 octobre 2012 auprès de 150 membres par téléphone, 1 543 membres par mailing et 200 personnes à Paris 15e et au Mans.